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Ce postulat garde toute son actualité en 2012.
Lorsque, un homme issu de la droite et se présentant comme un véritable modernisateur a été élu à la Présidence de la République et a proposé un programme de réforme dans lequel
on pouvait se retrouver assez largement, j’ai accepté l’ouverture politique qu’il me proposait à travers ma présence au gouvernement de la France associée à des forces de droite
et du centre-droit.
Ce choix constitutif de La Gauche Moderne comme parti politique ne nous a pas amené à nous renier ; bien au contraire, nous avons décidé d’être nous-mêmes, de trouver
notre place et de faire vivre notre identité propre au sein de la majorité.
Nous avons d’ailleurs participé loyalement à la majorité présidentielle et avons été présents dans l’ensemble des batailles électorales tout en nous engageant activement dans la
mise en œuvre d’une politique dont nous avons partagé les succès et les difficultés.
Nous n’avons jamais eu de cesse durant toutes ces années d’organiser également la confrontation d’idées et le débat politique au sein de notre formation.
Aujourd’hui nous pouvons être fiers de notre participation à ce travail de modernisation de notre pays et d’avoir porté l’idéal de la réforme juste qui est au cœur de notre
engagement.
Nous avons connu au sein de cet attelage majoritaire des hauts et des bas.
Ainsi, à la fin de 2010, La Gauche Moderne, à travers une lettre ouverte publique a mis en garde ses partenaires de la majorité contre une évolution vers des positions
conservatrices de droite traditionnelle dont nous percevions la tentation. Cette période contrastait avec la dynamique que nous avions soutenue avec enthousiasme du discours de
Toulon et de l’engagement du Président durant la Présidence française de l’Union européenne au moment de la crise économique et financière en 2008.
Nous ne nous sommes pas retrouvés dans le discours de Grenoble et la mission gouvernementale sur la prévention de la délinquance que j’avais accepté alors avec l’idée de
contrebalancer cet épisode controversé n’a pas eu les effets escomptés ;
peu après, mon départ du gouvernement et la fin de l’ouverture ont confirmé ce sentiment de droitisation.
C’est dans ce contexte que nous avons fondé, avec entre autres les Radicaux et Le Nouveau Centre, l’Alliance Républicaine Ecologique et Sociale (ARES) qui se veut le second pilier
de la majorité.
L’objectif, autour de la perspective de candidatures de Jean-Louis BORLOO, était de présenter lors de l’élection présidentielle, un dispositif de nature à reprendre le bon cours
des réformes pour le pays, y compris par une campagne crédible de 1er tour.
On connait la suite, même si nous continuons à nous impliquer dans l’ARES, dont j’ai été coopté coprésident coordonnateur, avec notamment la perspective des échéances électorales
à venir au-delà des Présidentielles.
Dans l’état actuel de la campagne pour les Présidentielles, La Gauche Moderne ne se retrouve pas de manière unanime dans le choix de tel ou tel candidat, je le sais.
Nous avons d’ailleurs eu l’occasion d’en débattre à plusieurs reprises dans nos instances, lors du Bureau politique du 5 octobre, du Conseil politique national du 26 novembre et
de notre dernier Bureau national du 21 décembre, dans un climat à la fois franc et fraternel.
Nous sommes convenus que La Gauche Moderne en tant que telle ne prenne pas de position sur l’élection présidentielle avant son congrès qui aura lieu à la fin du mois de mars, ce
d’autant plus que d’ici là, nous avons tout à fait la capacité de nous retrouver et d’être plus que jamais force de propositions sur les problèmes de fonds des français, du pays
et de l’Europe.
C’est aussi la raison pour laquelle depuis cet automne La Gauche Moderne a laissé à ses adhérents et responsables une certaine liberté d’expression ; ainsi, ceux parmi nous
qui ont souhaité participer à la primaire socialiste et notamment à la campagne de Manuel VALLS qui défendait à l’époque des thèses assez proches des nôtres, ont pu le faire sans
que cela ne pose problème entre nous. Il en est de même pour ceux qui se sont d’ici là exprimés en faveur de telle ou telle candidature considérant que c’était le meilleur moyen
de faire avancer les idées et les solutions qui sont au cœur de notre réflexion.
En ce qui me concerne et après mûre réflexion, j’ai pris la décision, dans la logique de mon choix d’accepter l’ouverture en 2007, de soutenir le Président Nicolas SARKOZY en vue
de sa réélection comme Président de la République.
J’ai eu l’occasion de m’en expliquer à plusieurs reprises au sein de La Gauche Moderne et j’ai d’ailleurs levé un coin du voile sur mes intentions à la fin du mois de novembre ce
qui, je le sais, a suscité un débat au demeurant constructif au sein de notre parti.
Aujourd’hui, je considère que par-delà nos déceptions, les erreurs ou parfois les dérives que l’on a pu constater, Nicolas SARKOZY est en train de réorienter son engagement
politique dans une direction plus conforme à nos attentes et à nos valeurs.
J’estime tout d’abord que l’implication du Président dans la crise économique, financière et sociale que traversent à la fois notre pays, l’Europe et le monde et les perspectives
qu’il nous donne pour moderniser la France sans drame, dans ce contexte difficile, sont tout à fait conformes à nos attentes.
Les thématiques qui sont développées actuellement en réponse à cette situation nouvelle et inédite, que ce soit dans le domaine social, fiscal (la TVA sociale) et économique,
rejoignent plus que jamais les thèses défendues depuis sa création par La Gauche Moderne.
En face, il faut bien dire que le candidat socialiste, par delà sa victoire aux primaires n’est guère convaincant, pas plus d’ailleurs que ne l’est le programme du candidat du
Modem dont les intentions au demeurant restent floues.
Quant à la candidature d’Hervé MORIN, issu lui aussi du rassemblement que constitue l’ARES, et dont j’avais souligné à plusieurs reprises le caractère légitime, on voit bien
qu’elle peine à décoller.
C’est la raison pour laquelle, après m’être entretenu avec Nicolas SARKOZY le 3 janvier dernier, j’ai pris la décision de lui apporter mon soutien dès le 1er tour tout en lui
précisant que La Gauche Moderne ne s’engagerait pas en tant que formation politique dans l’élection présidentielle avant son congrès du mois de mars.
Je n’ai pas caché lors de cet entretien, les divergences que nous avions pu avoir et dont certaines subsistent encore mais nous avons également évoqué l’importance des points
d’accords et des rapprochements qui s’étaient opérés sur le plan de son projet et de sa démarche depuis quelques temps.
Il m’apparait enfin que l’avenir de la France se joue en ce moment-même, semaine après semaine, et que le Président de la République a acquis, de mon point de vue, la stature
« du capitaine » expérimenté, compétent et énergique avec de plus une vision d’avenir, à la barre du navire « France » et que cet engagement méritait mon
soutien sans attendre.
J’ai également conscience de faire ce choix à un moment difficile pour le Président et pour la majorité et où en tout cas rien n’est joué et c’est pourquoi j’estime que mon
soutien prend, dans cette période, toute sa signification. C’est la raison pour laquelle j’ai également proposé au Président, qui l’a accepté, de créer dans les prochains jours
avec un certain nombre de nos collègues élus et responsables de La Gauche Moderne qui en seraient d’accord, un « Comité national pour une France moderne autour de Nicolas
SARKOZY ». Il nous permettra, avec tous ceux qui voudront bien nous y rejoindre, de créer un effet d’entrainement en direction d’un électorat de centre-gauche, qui ne se
considère comme étant ni de droite, ni centriste et qui ne se reconnait plus dans les propositions du candidat socialiste tout en restant réticent à franchir le pas de voter ou de
voter à nouveau pour l’actuel Président de la République.
Je tenais comme Président de La Gauche Moderne, à vous faire connaitre ma position avant de la rendre publique. Cette position est certes personnelle mais elle n’est pas neutre,
d’autant que dans cette période, la direction de La Gauche Moderne continue de fonctionner en respectant des points de vue de chacun, et j’entends continuer à exercer pleinement,
en son sein, ma responsabilité de Président.
Je vous donne rendez-vous à notre prochain congrès et vous prie de croire à mes sentiments très amicaux.
Jean-Marie BOCKEL
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