Partager l'article ! optimisme et volonté !!!: Période électorale (ou pré-électorale) oblige, quand les échanges de « noms d'oiseaux& ...
Période électorale (ou pré-électorale) oblige, quand les échanges de « noms d'oiseaux » en laissent le temps, les candidats déclarés à la présidence de la République sont censés présenter ce que seront leurs priorités.
Force est de constater que les politiques sociales ne sont guère évoquées, surtout celles concernant les personnes handicapées et/ou celles liées à la perte d'autonomie.
Le modèle social français, hérité de 1945, serait-il à bout de souffle ? Ce silence veut-il dire que, déjà, nos futurs dirigeants le sacrifient au bénéfice d'on ne sait quel programme de « redressement économique national » ? Comme si le choix de proposer aux français de « se serrer la ceinture » (crise internationale oblige) imposait de condamner notre système de protection sociale.
Dans « les Echos », ce 18 janvier, Daniel Chevert a publié : « Le modèle social français est condamné, passons à la suite ! » (afficher ici)
Après une « brillante » démonstration, l'auteur affirme : « Il est donc grand temps de raisonner autrement et de réaliser que le système social à vocation universelle devant protéger généreusement contre tous les risques, tel qu'il a été conçu après-guerre, est tout simplement impossible à maintenir dans un pays européen au XXIe siècle. Même les pays scandinaves qui avaient développé cette logique à son paroxysme ont, depuis plusieurs années, largement revu les fondements de leur protection sociale et au passage, largement réduit pour la plupart le poids des dépenses publiques dans leur richesse nationale. »
Et de conclure : « Mais que les tenants de l'immobilisme se rassurent : on peut parier sans risque que la séquence électorale en cours ne sera que proclamations de défense et de perpétuation à l'infini de notre modèle social »
Je ne pense pas que M. Chevert et moi lisions ou écoutions les mêmes actualités ....Je n'ai pas encore vu de candidats prendre la défense de notre modèle social ! Le danger est bien là : nous faire croire que le « sauvetage » économique du pays est incompatible avec la protection des plus vulnérables. Cela est très « tendance » semble-t-il.
Doit-on oublier que notre système de protection sociale a été créé au lendemain de la 2ème guerre mondiale, dans un pays exsangue, en ruine ? Que ce sont ces années de privations et de souffrances qui ont guidé nos aînés vers plus de solidarité ? Ce principe de solidarité est-il « ringard » ?
Il semble que les français, à l'exception de ceux déjà convaincus, se désintéressent beaucoup de cette campagne électorale. Peut-être cela changerait-il s'ils étaient consultés sur ce qui dépend uniquement de choix nationaux, comme notre protection sociale !
Pour « supporter » la crise économique, les choix sont surtout européens, internationaux. La France ne contrôle pas seule son avenir dans ce domaine. Par contre ce sont les Français, et eux seuls, qui maîtrisent la politique sociale menée dans le pays.
Alors, que diable ! Qu'attendent les candidats pour annoncer maintenant clairement quels seraient leurs choix s'ils étaient élus ! Au moment où on nous annonce à nouveau une croissance démographique très encourageante, n'est-il pas temps de créer le cinquième risque de protection sociale promis depuis 2007 ? N'est-il pas temps d'instituer un réel revenu minimum égal au Smic pour les personnes handicapées qui ne peuvent pas travailler, et les aider ainsi à participer plus à notre vie économique ? Ne sont-ce pas des consommateurs à part entière ?
Deux thèmes qui devraient être incontournables et qui ne sont pas des gadgets. Veut-on redonner un peu d'optimisme aux Français ?
Pour conclure, rappelons ce qu'a écrit Alain : « Le pessimisme est d'humeur ; l'optimisme est de volonté ».
Jean-Louis FONTAINE