Notre fédération

La Fédération des Hauts-de-Seine de la Gauche Moderne est avant tout une formation politique qui s'inscrit dans la majorité présidentielle plurielle. Sa vocation est, dans la cadre de l'ouverture, d'apporter la dimension sociale, humaniste et économique aux grandes réformes dont la France a besoin. La Gauche Moderne est d'autant mieux placée pour ce combat qu'elle est le lieu naturel de rencontres d'hommes et de femmes venant de tous les horizons. Cette diversité lui permet d'être partout présente  dans toutes les strates de la société.  Ce qui lui permet d'avoir une autre approche et d'apporter un regard nouveau sur le libéralisme et le social.

Jean Loup Dujardin (Animateur de la Fédération 92)

Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 03:55

L'ACSE est l'Agence pour la cohésion sociale et l'égalité des chances.

Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Ah, vous le saviez ?

Pour promouvoir l'égalité des chances, encore faut-il la porter vaillamment sur le bustier et en marteler l'irréfragable imprescriptibilité ?

Depuis trois semaines, comme le révèle un article du Monde, des salariés de l'ACSE sont en grève. Or, en début d'année, ces derniers ont appris qu'ils auraient droit, pour la plupart, à des augmentations de salaires très symboliques (15 euros en moyenne, youpi), en dehors de quelques (rares) cadres qui bénéficieront de 500 € de plus.

L'égalité, ça ne s'invente pas !

Mieux, les salariés ont appris par le Canard Enchaîné que certains collaborateurs du ministre de la Ville, Maurice Leroy, avaient engrangé 32 % d'augmentation de leurs émoluments.

Comme quoi, quand l'Etat veut, il peut, non ?!

Bien sûr, en cette période électorale propice aux glissades démagogiques, il ne s'agira pas ici de fustiger le haut fonctionnaire et le collaborateur de cabinet qui gagnent plus que le personnel moins qualifié.

Salima Saa, présidente de l'ACSE, se bat pour que l'Elysée prenne en compte la demande des salariés.

Ces derniers, dans un clin d'œil plein de malice, se tournent vers le Qatar et ses pétrodollars sociaux.

Non, le vrai défi, c'est un peu plus d'égalité dans la distribution des richesses.

Quoi, qu'est-ce que j'ai dit ?

 

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Par jean-loup DUJARDIN
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 00:32

Un ami m'a transmis un "billet" de Jean-Michel Aphatie, celui-ci a retenu toute mon attention, je le soumets à votre sagacité.    

 

"Et si, face à la crise, nous osions la proportionnelle ? J’avoue que jusqu’ici, je n’y avais pas pensé.



La proportionnelle est un mode de scrutin qui permet de représenter toutes les sensibilités à l’Assemblée nationale. J’écris cela pour ceux qui s’en foutent absolument, et qui se demandent pourquoi au plus fort de la plus grave crise que le monde occidental ait connu, tout à coup, comme le lapin d’un chapeau, on nous sort la proportionnelle d’un tiroir. A ce jour, et sous réserve d’un plus ample recensement, Nicolas Sarkozy est pour, François Hollande est pour, François Bayrou est pour, Cécile Duflot est pour, Marine Le Pen est pour, Jean-Luc Mélenchon est pour, et moi, tout le monde s’en fout, je suis contre.

Pourquoi je suis contre ? Aucun intérêt. Ce matin, on s’en fout aussi. Parce que franchement, les problèmes que devraient inventorier la campagne électorale sont très éloignés des modes de scrutin. 

Comment arriverons-nous à réduire de manière rapide et substantielle nos déficits multiples ? Comment parviendrons-nous à l’équilibre du budget de l’Etat alors que nous en sommes incapables depuis trente-cinq ans ? Quelles dépenses publiques devrons-nous sacrifier et quelles en seront les conséquences ? Que devons-nous changer dans notre organisation économique pour limiter la hausse du chômage ? Quelles ressources devons-nous mettre en œuvre pour combler le différentiel de dépenses de 1 à 2 en matière de recherche avec l’Allemagne ? Pourrons-nous longtemps profiter des bienfaits d’une sécurité sociale dont les dépenses excèdent de beaucoup les recettes ? Saurons-nous limiter la fuite des cerveaux qui hypothèque le destin du pays ? Pouvons-nous imaginer encore un destin européen avec une Allemagne que nous regardons avec de plus en plus d’effroi ? Quelle stratégie devons-nous mettre en place pour parer aux tensions qui se cristallisent dans plusieurs endroits du globe ?

Ces questions-là sont celles d’une campagne présidentielle. Le reste… "

 

 

 

Par jean-loup DUJARDIN - Communauté : Réformer la France
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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 06:46

La décision d’accélérer de trois mois la transition en Kapisa, annoncée à l’occasion de la signature de l’accord de partenariat franco-afghan en présence du président Hamid Karzai, semble masquer quelque peu l’autre enjeu, c’est-à-dire le départ anticipé des troupes françaises. 

« Il faut savoir finir une guerre ! » avait pourtant dit le président de la République, Nicolas Sarkozy, lors de sa tournée auprès des forces françaises en Afghanistan, l’été dernier dans le district de Surobi, sous responsabilité française, mettant ainsi en exergue la prégnance de la notion de transition aux dépens de la réalisation effective des projets de développement et de stabilisation, au premier lieu desquels l’électrification de la province, qui ne sera très certainement pas terminée d’ici trois mois.

C’est cette transition plus « sécuritaire » qu’administrative et économique, qui guide désormais la politique française en Afghanistan et qui va ponctuer les deux prochaines années, jusqu’au retrait de la Force Internationale d’Assistance et de Stabilisation (FIAS) engagée depuis décembre 2001, aux côtés des autorités afghanes, pour assurer la sécurité, la paix et la stabilité.

La perception au sein de l’opinion publique du dossier afghan se résume d’ailleurs désormais quasiment à la seule date fatidique de 2014, liée au processus de transition institutionnelle et sécuritaire engagé entre l’OTAN, les autorités provinciales et locales afghanes, et ce à l’aune du retrait progressif - d’ici fin 2014 - des 130 000 soldats des 49 nations présentes sur le sol afghan. 

Objectif stratégique pour la transformation et la normalisation de l’Afghanistan à plus long terme, à l’horizon 2025, l’action déterminante pour la paix et la stabilisation du pays, ne se décline plus qu’à travers l’agenda du Joint Nato Inteqal Board (JANIB). 

Processus dirigé « de main de fer dans un gant de velours » par l’universitaire américano-afghan Ashraf Ghani (ancien ministre des Finances dans le Gouvernement Karzai, entre 2002 et 2004) qui en fait une alternative de plus en plus crédible au président Hamid Karzai. Originaire du Logar, il n’est arrivé que quatrième lors des dernières élections présidentielles de 2009 ; néanmoins certains y voient déjà ainsi un savant amalgame dont le principal artisan, pourrait se servir comme tremplin pour les prochaines élections présidentielles en 2014, justement !

La transition pourrait donc être multiple : institutionnelle, sécuritaire et surtout politique !

Le processus Inteqal - signifiant transition tant en dari qu’en pashtoun -  ce sont ainsi 45 millions d’euros engagés depuis janvier-février 2010 à travers l’annonce d’un calendrier de transition « concerté » entre le Gouvernement afghan, la FIAS et les Gouverneurs des 34 provinces et des 364 districts, en quatre tranches (6 mois) jusqu’à la fin 2014. 

La première tranche a « officiellement » commencé dans la semaine du 16 au 23 juillet 2011 : étaient concernés 33% du territoire afghan (provinces du Panjshayr, Bamyan, Balkh, villes d’Hérat, Lashkar Gah et Mazar-e-Sharif, 13 des 14 districts de Kaboul (sans Surobi) ainsi que le District de Methar Lam). 

La deuxième tranche a, elle, débuté le 16 novembre 2011, elle concerne 18 provinces et 106 districts (Kandahar, Helmand, Herat, Balkh) soit près de 50% de la population afghane concernée.

La troisième commencera, comme annoncé sur le perron de l’Elysée, vendredi dernier, début mars et permettra une transition effective d’ici fin 2012.

Rappelons, à ce propos, que la France n’est concernée que par les tranche 2 et 3, eu égard à ses responsabilités en terme de sécurisation de la Surobi (qui devait se terminer en 2012, mais qui pourrait connaître quelques retards) et que la Kapisa est donc prévue en tranche 3 (à partir de mars 2012), mettant en exergue .l’importance du concept de « bulle sécuritaire » autour de Kaboul ainsi que le rôle prégnant de la « sécurisation » de la HW 7, route reliant Kaboul à Djalallabab (qui a été « rendu » en grande pompe par les Américains aux autorités administratives et sécuritaires afghanes il y a quelques jours), corridor traditionnel vers le Pakistan, qui reste un enjeu majeur tant géopolitique - eu égard à l’enjeu de l’intégration régionale - géo-économique - lié à l’interdépendance commerciale afghano-pakistanaise, mais surtout tactico-opérationnel. 

La Kapisa comme la Surobi restent, en outre, des voies de pénétration qu’empruntent les insurgés, qui, une fois entraînés dans les zones tribales frontalières pakistanaises sous contrôle des talibans, viennent renforcer l’insurrection. Au-delà c’est par HW7, cordon vers le Pakistan et au-delà ses ports sur l’Océan indien que la logistique des forces de la coalition quitteront le pays d’ici 2014…L’enjeu est donc considérable et n’en révèlent pas moins l’importance de la manière dont les forces françaises assument cette étape pré-transitionnelle.

Nonobstant ce calendrier, il convient de se rappeler que comme en Irak, des forces vont cependant rester en appui des soldats afghans, pour les accompagner dans le processus de transition et en appui pour la formation des 350 000 membres des forces de sécurité afghanes, objectif fixé à terme pour le partenariat en matière d’entrainement, d’assistance et d’équipement tant des forces armées (ANA) que de la police (ANP). Il est d’ailleurs prévu d’en former 25 000 de plus d’ici l’été prochain !

Les enjeux de l’après-demain doivent aussi être envisagés : ceux d’après 2014 donc, amenant le pays à se transformer d’ici 2025 en partenaire diplomatique, militaire fiable, tant dans son environnement régional (pays d’Asie centrale, Russie, Iran, Inde, Pakistan et Chine) que dans un contexte plus global (à travers un partenariat stratégique avec l’OTAN, les Etats-Unis, l’Inde et désormais la France, dans la foulée de l’accord stratégique franco-afghan) une fois que le retrait des forces internationales aura été accompli et les quatre tranches de la transition terminées.

Néanmoins, il est aussi un fait indéniable : celui d’un processus désormais « fortement » perturbé par la mort des quatre militaires français abattus par un insurgé, infiltré au sein de l’ANA, portant hélas ! le nombre de victimes françaises à 82. Il a été décidé de reprendre la formation des forces de sécurité, mais l’esprit n’y est certainement plus…

Par ailleurs, cela est également renforcée par l’instabilité sécuritaire récente dans Kaboul, comme sont venues en témoigner les attaques ces dernières semaines contre le quartier général de la FIAS et l’Ambassade américaine en plein cœur de la zone la mieux protégée de Kaboul et l’attentat qui a couté la vie à 17 personnes dont 13 soldats américains, le 29 octobre dernier.

En tout état de cause, la principale question soulevée par ce débat quant à l’avenir stabilisé de l’Afghanistan réside dans sa capacité à exister sur la scène internationale et dans un contexte régional, dont l’avenir dira s’il tend vers l’intégration régionale, ardemment recherchée, ou s’il reste ancré dans une fatalité géopolitique et géographique, comme le lieu de clivage et de tensions entre voisins aux intérêts stratégiques divergents comme il l’a été depuis quarante ans. 

On ne peut hélas ! éluder la prise en compte des intérêts des puissances voisines ; en premier lieu desquelles celles du Pakistan et de l’Iran - qui semblent hélas continuer à vouloir assujettir l’agenda afghan aux leurs et de facto « ethniciser », « régionaliser » et in fine perturber le but final recherché par la communauté internationale : celui de reconstruire en Afghanistan un Etat de droit, doté d’institutions et de forces de sécurités pérennes, autonomes et légitimes.

En somme, après avoir ancré l’action militaire et diplomatique française et internationale dans le cadre des concepts de l’Approche globale, de la contre-insurrection (COIN) et du contre-terrorisme et par voie de conséquences d’un agenda le plus souvent qualifié « d’AfPak » (Afghanistan-Pakistan), sommes-nous à l’aune d’une nouvelle ambition, celle d’un agenda « AfCent » (Afghanistan-Asie centrale) dont la principale ambition serait d’ordre économique ?

Emmanuel Dupuy, Président de l’Institut Prospective et sécurité en Europe (IPSE).

 

Par jean-loup DUJARDIN - Communauté : Réformer la France
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 21:16

Dans chaque campagne présidentielle, cet instant arrive toujours : tester d'autres hypothèses de sondages au second tour...

Le Journal du Dimanche a franchi le gué en publiant un sondage sans Marine Le Pen, qui fait son numéro habituel sur la difficulté à obtenir les 500 signatures.

Eh, oh surprise, dans ce cas de figure, Sarkozy et Hollande sont dos à dos (33 %) et François Bayrou ne parvient pas à suivre le rythme (17 %).

Très étonnamment, l'hypothèse du 2e tour n'a pas été testée par l'IFOP (ou pas publiée). Des esprits chagrins pourraient considérer que ce sondage sert à merveille Nicolas Sarkozy, l'un des rares qui croit encore en son étoile (avec Guéant). Il ne s'agit pas ici de laisser entendre que l'IFOP et le JDD jouent les agents électoraux du Président de la République.

Juste de s'étonner de l'aspect détonnant du sondage, presque irréel : est-il nécessaire de rappeler à ces gens bien cultivés qu'une élection se joue à deux tours ? Est-ce utile d'insister sur le fait que le plus intéressant en l'occurrence n'est pas tant cette égalité factice de premier tour mais la dynamique qu'elle entraînerait le cas échéant au 2e ? Le silence des deux affidés dominicaux laisse entendre que le 2e tour reproduit le même écart constaté depuis des semaines (entre 60 % et 55 % pour Hollande, entre 40 % et 45 % pour Sarkozy).

Fort de cet illusoire sursaut, Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, a senti qu'une brèche s'ouvrait pour aller piquer les viscères des électeurs de Marine Le Pen : « Toutes les civilisations ne se valent pas », a-t-il lâché, lançant ainsi la course suicidaire au lepénisme du n'importe quoi, du recyclage d'idées rances, d'éructations de bistrots, de ce racisme ordinaire que l'on ne parvient pas à réduire parce que la société, dans sa souffrance, cherche un bouc-émissaire, un endroit pour se consoler. Bien entendu, que nos amis africains, arabes, et d'ailleurs, nous excusent : nous, pays de Vichy, des tortures en Algérie, du silence consentant au Rwanda, nous n'avons, bien entendu, aucune leçon à donner au reste du monde.

De toute façon, chaque pays traîne sa part maudite, ce qui rend de ce fait toute tentative de classement des pays vertueux inepte.

M. Guéant fait donc le sale boulot du débauchage de ceux qui considèrent que la France n'est pas un pays d'immigration. Il utilisera toutes les ficelles, jusqu'au bout : les prières de rue, la burqa, etc. Une scénarisation des problèmes sensés placer la France au bord du gouffre, de la perte d'identité, d'un danger aux contours flous.

La gêne affichée par Alain Juppé et, à un degré moindre, Jean-François Coppé, montre à quel point le choix du pire n'est pas le bon : monter les Français les uns contre les autres, opposer les purs aux impurs, etc.

Qui veut de cette France déchirée, confuse, dangereuse ?

 

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Par jean-loup DUJARDIN - Communauté : Réformer la France
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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 04:53

Alors que le Président de la République a brossé le tableau du contexte dans lequel intervient le Sommet social visant à mettre en place des solutions pour faire face à une crise protéiforme, force est de constater que l’exercice est passé totalement à côté du point essentiel, au-delà de la question de la dépense publique que presque tout le monde semble avoir enfin intégrée, sans savoir ou oser la traiter.

Mais peut-on reprocher au seul Président de la République de ne pas mettre au cœur de son diagnostic la nécessaire lutte contre les défaillances d’entreprises, lui qui, même si on aurait espéré plus, a pris les mesures qui ont sauvé plus d’entreprises que ses principaux prédécesseurs ? Reste que faire le bilan de la situation économique sans s’arrêter sur la triste particularité qu’a la France de détruire proportionnellement, année après année, plus d’entreprises que tous les principaux pays comparables de l’OCDE est une erreur majeure.

 

Comment ne pas trouver dans le problème des faillites d’entreprises et leur analyse, comme on autopsie un cadavre pour savoir de quoi il est décédé, matière à questionnement ? afin, peut-être, d’identifier les causes de la pandémie qui détruit la richesse et les emplois ? en tout cas, la matière nécessaire et suffisante pour justifier des propositions majeures pour la survie de milliers d’entreprises comme la TVA sociale, et que les organisations syndicales continuent pourtant de contester ? Mais comment, en effet, le reprocher au Président, quand pas une organisation, patronale ou de salariés, n’a fait des défaillances d’entreprises un sujet d’étude et d’action prioritaire et, présentes à l’Elysée, n’a trouvé le moyen de soulever ce sujet ?

 

Faut-il s’en étonner ? Les Français, le taux de syndicalisation en témoigne, ont déjà répondu. Car si ces organisations avaient été un tant soit peu représentatives et attachées à défendre les intérêts de ceux qui les font vivre, le sommet social aurait eu lieu à leur initiative un jour de mars ou d’avril… 2008 quand il aurait fallu, et c’est bien là le rôle des organisations représentatives, lancer l’alerte sur la crise qui ravageait déjà gravement notre économie. Mais qui, parmi les participants au Sommet social, parlait de crise à l’époque ? qui se préoccupait des entreprises qui mettaient la clé sous la porte et des salariés qui perdaient leur emploi ? La faillite de la banque Lehman Brothers aux Etats- Unis a eu au moins une vertu : elle a appris à nos dirigeants syndicaux, si « proches du terrain » et prompts à rappeler à leurs détracteurs la mission sacrée dont ils sont investis en prétendant représenter tous les Français pour justifier d’être payés par eux, elle leur a appris donc, qu’une crise frappait l’économie française… Mais elles n’ont rien appris depuis, n’ayant à nouveau rien vu venir de ce qui les réunit autour du chef de l’Etat, quand elles n’en sont pas aussi responsables.

 

Le Sommet social qui s’est tenu ce 18 janvier est une initiative gouvernementale qui vient une fois encore souligner et pallier l’insuffisance de nos « représentants ». Ce fut le cas, déjà, avec la mise en place de la Médiation du Crédit et de la sous-traitance. Les problèmes entre des entreprises qu’elle traite n’auraient jamais dû être mis sur la place publique, puisque des organisations représentatives à l’écoute de leurs mandants et au service de l’intérêt général auraient dû régler cela en interne : les syndicats, autant que les Chambres de commerce et les Chambres des Métiers ont montré qu’ils étaient inexistants, au point que le Médiateur du crédit a même dû les convoquer pour les mettre au travail en leur demandant de s’occuper des entreprises en difficulté. Aucun syndicat, ni organisme consulaire ne s’occupaient des entreprises en difficultés ! Une « nouvelle » mission découverte grâce la crise et mise en œuvre sous l’impulsion de l’Etat. Et dire que nous étions un certain nombre à croire que la solidarité était le fondement du syndicalisme…

 

Bien sûr, quelques mesures ou déclarations pourront être intéressantes. L’annonce d’une réforme de la formation professionnelle, par exemple, interpelle. Mais là encore, il y a fort à craindre qu’elle soit discutée avec « la bande du 18 janvier », celle-là même qui, en signant l’ANI en 2004, a conduit à la destruction annuelle de 150 000 contrats de professionnalisation par an.

 

Dès lors, évidemment, l’issue d’une telle réunion avec une oligarchie syndicale qui occupe une place centrale alors qu’elle démontre une fois encore à quel point elle est déconnectée des réalités les plus tangibles, tant sur le plan macroéconomique que microéconomique, ne peut que continuer à enfoncer le pays dans le doute, l’inquiétude et le rejet de « ses élites ».

Le CERF

(TPE-PME)

Par jean-loup DUJARDIN
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