Notre fédération

La Fédération des Hauts-de-Seine de la Gauche Moderne est avant tout une formation politique qui s'inscrit dans la majorité présidentielle plurielle. Sa vocation est, dans la cadre de l'ouverture, d'apporter la dimension sociale, humaniste et économique aux grandes réformes dont la France a besoin. La Gauche Moderne est d'autant mieux placée pour ce combat qu'elle est le lieu naturel de rencontres d'hommes et de femmes venant de tous les horizons. Cette diversité lui permet d'être partout présente  dans toutes les strates de la société.  Ce qui lui permet d'avoir une autre approche et d'apporter un regard nouveau sur le libéralisme et le social.

Jean Loup Dujardin (Animateur de la Fédération 92)

Samedi 7 novembre 2009

"Je trouve très sain qu'il y ait aujourd'hui un débat sur l'identité national" nous explique Jean Daniel dans éditorial du Nouvel Observateur  n°2348, Il nous précise même que "certains se font une spécialité de compliquer tout le débat par une polémique idéologique" . Comme, nous le précisons régulièrement, nous voulons aborder  sainement tous les problèmes qui ce posent quotidiennement à nos concitoyens, et nous nous positionnons systématiquement sur le terrain des idées et des propositions afin de construire une société juste et solidaire.

C'est dans cet esprit que nous vous proposons la lecture d'un texte rédigé en 2007 par Jean Claude Sommaire (un ami depuis moultes années), qui posait en son temps déjà des questions incontournables.


N'hésitez pas à nous faire part de vos réactions en nous faisant des commentaires.

Jean- Loup Dujardin
Animateur de la Fédération 92 de LGM
Animateur de la Commission Pacte Social et Cohésion Sociale

Membre du Conseil Politique de La Gauche Moderne 


Quelques réflexions à propos de la création d’un Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement


 
Par Jean-Claude SOMMAIRE, ancien Secrétaire
 général du Haut Conseil à l’intégration 

                   

Deux questions de fond  me sembleraient intéressantes à débattre, posément et tranquillement, à propos de la création de ce Ministère, dans l’esprit de ce que certains appellent « l’éthique de la discussion ».

 

La première pourrait  se rapporter au lien à reconnaître, ou non, entre immigration et identité nationale, et la seconde à la légitimité, éthique et morale, d’un Ministère ayant à intervenir sur ces deux thèmes ainsi associés.

 

Un lien entre immigration et identité nationale ?

 

Tant sur un plan conceptuel que  sur un plan pratique et de bon sens, il me semble  difficile de pouvoir dire, qu’aujourd’hui, il n’existerait aucun lien entre immigration et identité nationale même si, évidemment, la question de l’identité nationale ne saurait se réduire à la seule question de l’immigration.

 

Il faut d’abord rappeler qu’en référence à la Révolution, la conception française de la Nation repose sur le principe de l’adhésion individuelle des citoyens aux  valeurs républicaines (le célèbre «  plébiscite » de Renan renouvelé chaque jour) et non sur l’appartenance à un groupe d’origine ethniquement défini, à la différence, par exemple, de la nation allemande.

 

En application de ce principe,  la Nation française a toujours été présentée comme  une construction politique  qui s’est enrichie d’apports migratoires successifs (rappelons qu’un français sur quatre a un grand-parent issu de l’immigration) en prenant largement appui sur une école publique républicaine qui, depuis la fin du  XIX ème siècle,  a permis, avec succès, une « francisation » rapide des descendants de ces immigrés et  leur plein accès à la citoyenneté.

 

L’une des  difficultés de la période actuelle est que ce « modèle français d’intégration », historiquement assimilationniste, qui   conduisait les enfants de migrants à devoir oublier leurs origines culturelles pour se fondre, individuellement, dans la communauté des citoyens, ne fonctionne plus aussi bien que par le passé. En effet les jeunes générations issues de l’immigration la plus récente, au lieu de devenir des « français à part entière », deviennent trop souvent des « français entièrement à part » assignés à résidence dans des quartiers en cours de ghettoïsation.

 

Les émeutes urbaines  qui ont eu lieu dans ces quartiers à  l’automne 2005 trouvent sans doute, pour partie, leur origine dans les contradictions d’un modèle qui conjugue maintenant dangereusement, notamment pour nos jeunes compatriotes issus de l’immigration coloniale, une mauvaise intégration économique et sociale  associée à la  non reconnaissance de la singularité de leurs racines culturelles et familiales. Dans ces conditions l’adhésion de ces jeunes  aux valeurs communes  devient plus problématique et peut  expliquer le développement de la délinquance et des violences urbaines ainsi que les   diverses formes de replis communautaires qui sont  observées dans ces lieux de relégation.

 

Cette grave  crise de l’intégration que nous connaissons ne doit toutefois  pas nous conduire, par commodité ou par paresse intellectuelle, à ne plus vouloir voir le lien, incontestable, qui continue à exister entre immigration et identité nationale. On ne peut pas  renier aujourd’hui ce dont on s’est félicité hier. Les enrichissements anciens de notre identité nationale par les Pablo Picasso, Yves Montand, etc., et, plus globalement, par  tous les travailleurs immigrés qui ont contribué à notre développement économique ont simplement fait place, maintenant, à de nouveaux apports, plus divers et d’origine plus lointaine, qui, eux aussi, vont influencer notre identité collective.

 

Dans de nombreux quartiers de multiples signes témoignent, dans l’espace public, des modifications en cours de notre environnement du fait d’une immigration maintenant majoritairement extra européenne et à dominante musulmane. (développement de commerces ethniques, création de lieux de culte musulmans, port du voile islamique, etc.).Ces évolutions qui ne sont pas anodines alimentent un légitime  sentiment  de dépossession identitaire chez nos concitoyens« français de souche » qui y habitent depuis longtemps (« on n’est plus chez nous »), notamment chez ceux qui n’ont  pas la possibilité matérielle d’aller vivre ailleurs.

 

Cette double désespérance, identitaire et sociale, de certains  de nos compatriotes les plus anciens, par ailleurs confrontés au quotidien à la petite délinquance ethnique, et de  certains de nos jeunes compatriotes les plus récents, en manque de reconnaissance sociale,  alimente, depuis 20 ans, le développement parallèle du Front national et du communautarisme islamique (voir sur ce dernier point le très intéressant rapport de l’inspecteur général Obin sur les signes et manifestations d’appartenance religieuse à l’école). Cette situation, préoccupante et lourde de dangers pour l’avenir de notre « vivre ensemble » ne peut pas être ignorée.

 

La création d’un Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement par le Président de la République récemment élu n’est peut-être pas la bonne réponse à apporter à la crise de l’intégration que nous connaissons actuellement mais on ne peut pas méconnaître, pour autant, la réalité des problèmes qui se posent aujourd’hui à notre pays et qui fragilisent notre cohésion sociale.

 

Il serait notamment utile de réfléchir sereinement à ce qu’il conviendrait de faire pour  que l’immigration qui, hier, enrichissait et confortait  notre identité nationale ne contribue pas, demain, à la fragiliser. Notre identité collective ne pourra pas être, dans le futur, ce qu’elle a été dans le passé mais il y a matière à s’inquiéter quand on voit se développer, dans notre pays, une fracture sociale qui devient de plus en plus une fracture urbaine, ethnique, culturelle et confessionnelle. Une telle situation peut nourrir ce que Amin Maalouf appelle des « identités meurtrières » qui se construisent et se développent en recherchant l’affirmation de soi par la négation des autres. Cela mérite réflexions et débats.

 

La légitimité, éthique et morale, d’un Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement ?

 

Tout a été dit sur ce que pouvait, symboliquement,  représenter la création d’un «Ministère» chargé à la fois de l’immigration et de l’identité nationale et beaucoup des arguments présentés ne plaident pas en faveur de cette initiative. Une appellation politiquement plus neutre et moins ambiguë aurait été plus opportune, par exemple « Ministère de la population, de l’immigration, de l’intégration et du codéveloppement ». Cette dénomination, du fait de l’existence, depuis longtemps, d’une « Direction de la population et des migrations », traditionnellement rattachée au Ministère chargé des affaires sociales, aurait suscité moins de critiques.

 

Cependant reste posée la question de fond, qu’on ne peut pas évacuer, de la légitimité, éthique et morale, d’un Etat démocratique à se préoccuper de l’avenir de son peuplement au plan ethnique, culturel et religieux. Est-il illégitime de s’interroger sur les conséquences pour notre pays d’une immigration désordonnée, à dominante familiale et musulmane, très largement originaire du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne? D’autres pays démocratiques, respectueux des droits de l’homme, se sont- ils autorisé à avoir ce type de débat ? Certains de ces pays ont-ils pris des mesures pour orienter leur immigration en fonction de ces critères ? La France devrait-elle et pourrait-elle faire quelque chose dans ce domaine ? Est-ce à l’Europe de se saisir de ce sujet?

 

Il semble difficile, aujourd’hui, dans le contexte de la crise de l’intégration que nous connaissons, de  faire l’impasse sur ces questions. Polémiquer sur la réponse apportée par le Président de la République nouvellement élu, aussi discutable puisse-t-elle être, en oubliant les réalités de terrain ne relève pas de l’éthique de la responsabilité. Ne pourrait on parvenir, dans notre pays, sur des questions de société aussi délicates, à dire les choses sans excès mais aussi sans faux semblant ? Avant de se déchirer sur des principes ne pourrait-on pas, d’abord, essayer de  se retrouver sur un diagnostic partagé des problèmes que nous avons à résoudre?

 

Cela n’a peut-être  pas été remarqué mais nos voisins italiens, dans un contexte très différent du nôtre, l’Italie étant un pays d’immigration récente encore peu confronté aux problématiques de rapprochement familial, ont largement freiné leur immigration africaine pour y substituer une immigration roumaine et ukrainienne. Le Danemark, il y a quelques années, sous un gouvernement social démocrate me semble-t-il, c’est interrogé sur ce que serait la composition ethnique de sa population dans quelques décennies. Les pays de l’Europe du nord qui, au contraire de la France, se sont largement ouverts à l’immigration de travail des nouveaux membres de l’Union européenne n’ont-ils pas aussi, pour certains, cherché à rééquilibrer leur immigration ?

 

Surtout, le Canada, et notamment le Québec, qui ont des politiques très volontaristes de peuplement par l’immigration, ont décidé, il y a déjà longtemps, d’éviter qu’un groupe ethnico- culturel ne devienne trop important. A cet effet des bureaux  de recrutement installés dans différentes régions du monde veillent à maintenir un équilibre entre les sources de recrutement mais, à  certains moments, des mesures dissuasives ont été prises pour freiner un flux particulier, notamment l’immigration chinoise.

 

En France dans son récent ouvrage « Le temps des immigrés », François Héran, directeur de l’INED, expose, à juste titre, que l’immigration est un phénomène inéluctable appelé à devenir le principal  facteur de croissance de notre population et que le brassage de ces populations nouvelles dans la société française est devenu un défi majeur à relever au même titre que celui du vieillissement. Ce démographe de référence, qui ne prend toutefois pas en compte les difficultés actuelles de l’intégration, écarte l’irréalisme de l’immigration zéro et évoque des hypothèses allant de « l’infusion durable » à « l’intrusion massive ».

 

Cette réflexion devrait être poursuivie au regard des difficultés d’intégration que nous connaissons actuellement car si François Héran évoque, à échéance de quelques dizaines d’années, une société française plus colorée se rapprochant progressivement du « modèle réunionnais », lequel est une authentique réussite multiculturelle sur un fond d’assistanat, il serait peut être plus réaliste de se projeter dans une France développant le « modèle neuf trois ». Quel est le niveau souhaitable de développement, pour notre pays, de ce « modèle neuf trois » : l’infusion durable ou l’intrusion massive? De quelle réelle  marge de manœuvre disposons nous dans ce domaine ? Peut-on le  faire évoluer vers un modèle de type réunionnais avec  moins de discriminations, moins d’assistanat, moins de délinquance, plus de reconnaissance des cultures et des identités ? Il faudrait aussi pouvoir débattre de ces questions.

 

Evidemment l’une des difficultés à l’ouverture d’un tel débat est  que les marges de manœuvre dont nous disposons pour réguler les flux sont assez limitées, sauf à remettre en cause des droits fondamentaux garantis au plan national et au plan européen. Aujourd’hui l’essentiel de notre immigration légale est très majoritairement à dominante familiale, par le biais du regroupement familial à proprement parler (un étranger résident en France fait venir son conjoint et ses enfants) mais, de plus en plus, par le biais des mariages « mixtes » (un français d’origine étrangère, vivant en France, épouse un conjoint étranger de même origine, vivant à l’étranger).En tant que pays d’immigration ancien nous avons ainsi à gérer un phénomène d’accroissement continu des communautés présentes sur notre sol à partir des pays d’origine. De plus, dans ce dernier cas, aucune condition de maîtrise du français, de ressources et de logement ne sont exigées ce qui ne facilite pas l’intégration des nouveaux arrivants et les rend très dépendants des dispositifs d’aide sociale.

 

Sans doute cherche-t-on actuellement, à juste titre, à mieux encadrer le regroupement familial et à mieux contrer les mariages de complaisance mais il semble bien difficile de pouvoir réduire ainsi, de façon réellement significative, ce qui a été appelée, un peu à tort, l’immigration « subie » (rappelons quand même que celle-ci résulte de l’application de textes juridiques que nous nous sommes librement donnés  en cohérence avec nos principes démocratiques). L’immigration « choisie »  qui va être développée, pour d’excellentes raisons dont il aurait été sans doute  utile de mieux débattre, s’ajoutera à l’immigration « subie » mais ne s’y substituera pas.

 

Le seul domaine dans lequel un discours de fermeture et des mesures restrictives (encadrement renforcé du droit d’asile, régularisations plus difficiles, etc.) peuvent avoir un certain effet est peut-être celui de l’immigration irrégulière, celle-ci étant susceptible de se déplacer, partiellement, vers des pays plus accueillants. Toutefois le risque de voir s’accroître encore le nombre des « sans papiers », qui pèsent déjà très lourdement sur tous nos dispositifs sociaux d’aide et d’accueil, est aussi très réel. Cela pourrait être le cas avec les nombreux étrangers qui  entrent régulièrement en France, avec un visa, pour voir un de leurs proches parents installé dans notre pays, mais qui ne repartent pas à l’expiration de celui-ci, si toutes perspectives de régularisation leur sont désormais interdites.

 

Bien entendu le codéveloppement ouvre des pistes intéressantes pour contenir les flux africains mais, en termes quantitatifs, il risque de demeurer encore longtemps à un niveau très modeste par rapport aux enjeux en cause. Le grand partenariat euro-africain, autour de la Méditerranée, proposé par le Président de la République peut ouvrir, à terme, d’autres perspectives plus ambitieuses mais il faudrait alors qu’il ne se limite pas aux pays de l’Europe du sud et qu’il soit étendu à l’Afrique sub-saharienne.

Jean-Claude SOMMAIRE
texte écrit à l'été 2007  

Par jean-loup Dujardin - Communauté : Réformer la France
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 6 novembre 2009
Comme nous vous l'avions annoncé la commission Pacte Social et Cohésion Sociale  nous vous proposerons chaque vendredi un article portant sur l'une des thématiques exclusion sociale,  pacte social,  cohésion sociale...
Cette semaine la réflexion portera sur : " Exclusion Sociale...de quoi parle-t-on?"

N'hésitez pas à nous faire part de vos réactions en nous faisant des commentaires.

Jean- Loup Dujardin
Animateur de la Fédération 92 de LGM
Animateur de la Commission Pacte Social et Cohésion Sociale

Membre du Conseil Politique de La Gauche Moderne 





L’exclusion sociale n’est certes pas nouvelle dans l’histoire de l’humanité et de notre société. Aujourd’hui, elle s’avère être tant  un malaise social endémique qu’un  phénomène exponentiel et omniprésent.

Mais, lorsque l’on tente de définir ce qu’est ou peut être l’exclusion sociale, force est de constater qu’il n’y a pas une définition mais plusieurs, car nous nous trouvons face à des problématiques multidimensionnelles et à des processus multifactoriels.

Problématiques multidimensionnelles car elles abordent des champs d’intervention sociale fondamentaux et variés, qu’ils soient repérés ou repérables (Emploi, Santé, Logement, Education, Formation, Chômage, Prévention, Toxicomanie, Violence, etc.).

Processus multifactoriels car ils mettent en exergue des paramètres divers et des groupes plus au moins ciblés (Famille, Jeunes, Personnes Agées, Handicapés moteurs, Inadaptés mentaux, Déviants, Marginaux,  Délinquants, etc…). 

Dés lors, nous  pouvons dire qu’il n’y a pas une exclusion sociale, mais des exclusions, et que, de fait, il n’y aurait pire erreur que de vouloir « traiter également des choses inégales ».

Et, si il est vrai qu’au cours de ces dernières décennies, l’exclusion sociale a été,  au centre de moults débats, réflexions et décisions qui furent dans certains cas porteurs d’espoirs et dans d’autres particulièrement adaptés. Il est tout aussi exact, que  les actions engagées n’ont, que peu ou prou, étaient assujetties à des évaluations systémiques (vérifiant la pertinence, l’adéquation des réponses misent en œuvre et les besoins enregistrés sur le terrain), et se réalisent et s’effectuent toujours dans des cadres intégrant la notion de catégorie « de handicaps et d’inadaptations » voire de paix social.

Mais, est peu être plus grave car régulièrement dénier souvent, trop souvent,   l’exclusion sociale s’est avérée, s’avère être la mauvaise conscience des uns, l’alibi d’autres, mais aussi, dans certains cas, un moyen de pression sociale - politique totalement niée.

Car  visible dans le quotidien, l’exclusion  nous renvoie constamment une image interrogative de notre intervention sociale, et des réponses sociétales que nous mettons en place pour tenter de la résoudre. De fait, aujourd’hui, force est de constater que nous ne pouvons faire l’économie d’une approche transversale de l’exclusion sociale.

Cette dernière se doit, de passer par la prise en compte des aspects multidimensionnels et multifactoriels de l’exclusion, et nécessite une évaluation sans complaisance de l’action sociale.

Car, l’action sociale s’est, pendant de longues années voire encore aujourd’hui, traduite par un émiettement des diverses formes d’exclusion entre plusieurs administrations et collectivités territoriales souhaitant garder leurs prérogatives d’actions (pré carré bien établi). Ce qui, dans certains cas, (qui n’a pas d’exemple ?), a provoqué des « No Man’s Land » de prises en charges sociales, de situations relevant ou étant à la limite de plusieurs institutions.

Certes, résultat de la conscientisation, des pressions et des prises en considération des analyses faites par des acteurs de terrain, des lois furent votées  recherchant une certaine cohésion en matière d’actions sociales visant à : 

 

  • Une légitimation de son application,
  • Une reconnaissance sociétale de son « intervention »,
  • Une approche se voulant logique et dans une dynamique du pour et avec la population à qui elle s’adresse.

 

Mais, il nous faut bien admettre que malgré ces conscientisations et ces lois, l’action sociale nous est toujours présentée, non pas en rapport à sa finalité de lutte contre les exclusions, mais à un cadre de référence.

En effet, pour les professionnels, il y a ce qu’est ou pourrait être l’action sociale (permettre à l’handicapé, l’inadapté, au déviant, de vivre, de s’insérer, de réinsérer au mieux dans la vie de la cité), et ce qu’elle ne saurait être (des opérations plus ou moins ponctuelles n’ayant que peu de prise avec la réalité des populations concernées).

Pour les politiques, il y a ce que doit, pourrait être, l’action sociale en tenant compte de leurs dimensions propres (engagement pris, pressions de la population, réalité politique,  mandats électifs…).

De fait, l’action sociale se trouve être la cible privilégiée d’une réflexion critique tant par des décideurs que par les professionnels, voire les bénéficiaires. Et ce, étant généralement dû à une présentation imprécise des finalités et d’une absence de communication pourquoi telle actions plutôt qu’une autre et  d’explicitations de l’intervention, qu’elles soient spécifiques, ciblées ou globales à court, moyen, et long terme.


Dés lors, et sans démagogie, avec le recul réflexif nécessaire  nous pouvons dire que :

 

  • d’une part que l’action sociale a hérité d’éléments historiques non négligeables qui la rendent que partiellement apte à répondre de façon pertinente aux exigences de la réalité des difficultés sociales de ce début de siècle.
  • d’autre part, nous constatons que rares sont les acteurs locaux et nationaux  capables d’expliciter précisément la philosophie de l’action sociale qui repose à notre avis sur trois niveaux distincts et indissociables, à savoir :
    • Le soin thérapeutique qui a pour objectif d’amener l’individu ou les personnes vers une « guérison »,
    • L’approche préventive qui se veut dépister, éviter, prévenir l’aggravation du mal, en mettant les outils les plus adaptés, adéquats, à la « disposition » des populations concernées,
    • L’aspect promotionnel qui lui se doit de veiller à l’amélioration de la condition humaine.

 

De fait, et nous le voyons bien, l’exclusion sociale pose le problème de la différence. Car, nous sommes renvoyés au problème du similaire et du singulier, du microcosme et du macrocosme.

La réalité de l’exclusion sociale, de la ségrégation urbaine voire de la discrimination nous oblige à prendre en compte la notion d’autonomie sociale. Généralement, un être autonome est celui qui est capable de faire des choix dans un espace de contraintes dans un cadre social donné et par la même de devenir un acteur de sa propre vie.

Les manifestations des exclusions se présentent, se jouent, en majeure partie, dans la non-insertion :

 

  • Non-insertion professionnelle,
  • Non-insertion dans un cycle de formation,
  • Non-insertion dans un quartier,
  • Non insertion dans …

 

Et nous constatons que ce qui n’est pas supporté et admis dans l’exclusion sociale, c’est la non-intégration aux divers dispositifs existants.

Aujourd’hui, l’évolution constante de la société entraîne de profondes mutations auxquelles nous nous devons de répondre. Cela signifie que, si nous admettons l’existence de besoins croissants en matière de lutte contre l’exclusion sociale, nous ne pouvons faire l’économie de les définir précisément, de les évaluer avec méthode, de définir des modes opératoires de fonctionnement, de mettre en œuvre des orientations, des axes d’intervention adapté à la réalité et par la même, de nous donner de véritables moyens pour que la lutte contre toute forme d’exclusion soit une entité globale tenant compte des spécificités.

Tirer partie des différences, des potentialités, du temps, pour parvenir à une harmonisation des réponses qui permettront d’insérer, de réinsérer les exclus, tel est le pari qui s’offre à nous.

C’est dans cet esprit qu’il nous faut avoir un véritable volontarisme républicain mettant en œuvre une action sociale évitant les saupoudrages et les visions angéliques, répondant véritablement aux besoins, s’adaptant aux mutations sociétales, ne générant plus elles-mêmes des processus d’exclusion et de ségrégation, acceptant le suivi, le contrôle et les évaluations.

Soyons aussi visionnaire que nos prédécesseurs, entre autres :

 

  • Monsieur La Rochefoucauld Liancourt, président du Comité de la mendicité en 1790 qui écrivait :

 

« On a toujours pensé à faire la charité aux pauvres, et jamais à faire valoir les droits de l’Homme pauvre sur la société et ceux de la société sur lui. L’organisation de l’assistance doit être prévue dans la constitution. La bienfaisance publique n’est pas une vertu compatissante, elle est un devoir, elle est la justice. Là où existe une classe d’hommes sans subsistance, là existe une violation des droits de l’humanité : l’équilibre social est rompu ».

 

  • Monsieur De Barère, qui au nom du Comité de salut public, déclarait devant la Convention (portant sur le droit des pauvres à la « bienfaisance nationale ») du 22 mai 1794 :

 

« Oui, je parle de leurs droits, parce que dans une démocratie…tout doit tendre à élever le citoyen au-dessus du premier besoin par le travail s’il est valide, par l’éducation s’il est enfant, par le secours s’il est invalide ou dans la vieillesse ».

 

Jean-Loup DUJARDIN
Par jean-loup Dujardin - Communauté : Lutte contre l'exclusion
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 5 novembre 2009


On a tendance à  croire qu’il y a une sorte d’équivalence idéologique politique et électorale, entre « écologistes » et « verts ». Les deux mots sont considérés comme pratiquement synonymes, et les médias qui ne s’embarrassent pas de nuances, s’emploient allègrement à les confondre. Et cela malgré la présence de mouvements –certes peu importants-  d’« écologistes indépendants », malgré l’irruption d’ Europe Ecologie, regroupement plus ouvert, moins sectaire et plus libéral que les verts . Pour les médias cela ne change pas grand-chose, ils continuent à répandre l’idée que tout citoyen, préoccupé par les questions écologiques et soucieux de la protection de l’environnement,  doit adhérer aux préjugés, aux thèses, aux injonctions des « verts ».  Et voter pour eux. 

                                

Or,  il est une autre manière de défendre l’environnement,  il y a une autre écologie politique, que l’on pourrait appeler « l’écologie bleue ».  Cette écologie politique différente, n’est pas représentée par un parti (au nom de quoi d’ailleurs un parti devrait-il s’approprier cette préoccupation universelle ?), mais se retrouve portée  et  mise en œuvre par le gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République.

 

1-   A la différence de l’écologie verte (teintée de rouge), « l’écologie bleue » veut favoriser la croissance qui est la condition du développement et du progrès. La décroissance ou le ralentissement de la croissance voulus par les « verts », serait catastrophique pour le pouvoir d’achat et  pour l’emploi - on le voit bien dans cette période de crise-  et diminuerait  les moyens disponibles pour une politique sociale comme pour une politique écologique. Oui, il  peut y avoir une écologie de la croissance, d’autant que les investissements réalisés dans les secteurs de l’énergie,  des  transports - développement des transports en commun et des transports « propres », sans pénaliser  les utilisateurs de  voiture individuelle -   du logement, participeront à cette croissance et au développement.  

 

2-      « L’écologie bleue » est une écologie offensive qui compte sur le progrès et l'innovation pour assurer la protection de l’environnement. Plus que sur la restriction, la privation, sur la limitation culpabilisante de la consommation, l’écologie bleue considère que c’est par des investissements massifs dans la recherche, par  les progrès de la science et de la technique que nous protègerons le mieux et de manière la plus durable, notre environnement. Ce n’est pas en adoptant une attitude défensive, en restreignant de manière drastique  la consommation d‘énergie, et certainement pas  en renonçant au nucléaire – énergie propre, qui assure notre indépendance énergétique -  que nous « sauverons » la planète, mais bien en accélérant les efforts de recherche et de mise en oeuvre des énergies renouvelables.  Nous ne voulons pas de cette fausse écologie, tournée vers le passé, effrayée par tout changement, opposée au progrès et prônant une utilisation paralysante du principe de précaution.

 

 

3-      « L’écologie bleue » est une écologie de la liberté et de la responsabilité. Elle respecte, autant qu’il est possible, le libre arbitre des individus et des sociétés. Refusant l’écologie tyrannique et  punitive qui est celle du parti  « vert », nous  ne voulons pas imposer des règles contraignantes ou infliger des contributions et des charges excessives. Nous voulons inciter et non contraindre à une attitude écologique.  Les exemples de la taxe carbone (fixée à un niveau raisonnable,  et compensée)   ou du bonus-malus automobile vont clairement dans ce sens  de l’incitation :  ceux qui font des efforts et pollueront moins seront gagnants quand seuls ceux qui continueront à polluer paieront davantage. L’écologie ne doit pas être  un élément d’une idéologie opposée à l’économie de marché et au dynamisme économique, en  emboîtant le pas  à l' extrême gauche,  mais doit  participer au développement nécessaire et peut s’intégrer à la politique  de réforme et de modernisation voulue par le gouvernement.

 

 

 Cette « écologie bleue »,  dont les principes, qui commencent à se concrétiser dans le cadre du  « Grenelle de l’environnement »  et se sont étendus à l’Europe lors de la « présidence française », s’affirme comme une écologie  pragmatique  et de progrès,  une écologie efficace, responsable  et ambitieuse.  C’est celle que défendront les listes d’Union de la majorité lors des prochaines élections régionales et c’est celle qu’elles mettront en œuvre dans les Régions, si les Français leur accordent majoritairement leur soutien.

 

Marc d’Héré

Par jean-loup Dujardin - Communauté : la gauche moderne
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 4 novembre 2009
  
  • EDITO - «Alors que l'immigration a profondément changé  la physionomie de la France, que la mondialisation est un fait, s'interroger sur l'identité nationale n'est pas saugrenu». Par Paul-Henri du Limbert.

Votre navigateur ne gère peut-être pas l'affichage de cette image.

Demandez à un homme de gauche de vous parler des valeurs de la République, il sera intarissable et souvent émouvant. Dites-lui que tout cela forme l'identité  d'un peuple, il commencera à vous regarder de travers. Et ajoutez que cette « identité nationale » est la grandeur de la France, il vous tournera le dos.


Nicolas Sarkozy connaît par cœur la gauche française, ses tabous et ses contradictions. Et c'est bien pourquoi il lance aujourd'hui, par l'intermédiaire d'un ancien responsable PS, Éric Besson, ce grand débat sur l'identité nationale. Le PS n'a que des coups à prendre.

Pourtant, s'ils n'avaient pas peur de leur ombre, les socialistes pourraient se saisir de ce débat d'une façon volontariste et en profiter pour remettre leurs idées au clair. Au lieu de dire, comme Vincent Peillon, que la burqa «ne menace pas» l'identité du pays alors que chacun est persuadé du contraire, ils pourraient s'interroger sur les dérives du communautarisme, qui jour après jour ronge la chère «République une et indivisible». Il est arrivé souvent à Jean-Pierre Chevènement de tempêter contre cette gauche oublieuse de son histoire et de son corps de doctrine, mais ce fut en vain. Il y a vingt-cinq ans, alors ministre de l'Éducation, il avait suggéré que l'on chante La Marseillaise à l'école. Ses camarades d'alors lui avaient conseillé de calmer ses ardeurs républicaines.


Un quart de siècle plus tard, alors que l'immigration a profondément changé la physionomie de la France, que la mondialisation est un fait, s'interroger sur l'identité nationale n'est pas saugrenu. C'est, par exemple, ce qui anime le maire PCF de Vénissieux, André Gerin, quand il lance le débat sur l'interdiction de la burqa. Il explique fréquemment que dans sa commune on parle et pratique toutes les langues et toutes les religions du monde, et que si on ne définit pas quelques valeurs communes, on court à la catastrophe. On connaît beaucoup de maires socialistes, de petites ou de grandes villes, qui en privé disent la même chose mais se taisent en public « pour ne pas faire le jeu du Front national ». Cette politique de l'autruche leur a valu le cuisant 21 avril 2002 et la défiance de la classe ouvrière.


À cinq mois des régionales, il y a bien sûr dans le lancement de ce débat une part de tactique. Quand Mitterrand, avant chaque élection, évoquait le droit de vote pour les immigrés dans le but de favoriser le vote FN et d'affaiblir la droite, on criait au génie politique. Nicolas Sarkozy n'est pas obligé d'être moins habile que son prédécesseur.

P. H. du Limbert
Le Figaro

Par jean-loup Dujardin - Communauté : Réformer la France
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 3 novembre 2009


Depuis quelques jours,  nous assistons à l'amorce  d'un débat sur "l'identité national". Force est de constater, dés lors que le sujet nécessite une véritable réflexion voire analyse nous pouvons lire et entendre "tout et n'importe quoi". "L'identité national", est, certes, une thématique particulièrement complexe, mais nous ne pouvons pas faire l'économie de l'aborder et de la traiter avec la plus grande rigueur et intégrité. Et ce, en nous posant les vraies questions qui sont au centre des interrogations de nos concitoyens.
Car, ne l'oublions pas, "l'identité national" nous renvoie à la citoyenneté et aux valeurs de notre  République, et de fait à ses trois piliers fondamentaux  "Liberté - Egalité - Fraternité".

Aujourd'hui , nous vous proposons la lecture d'un texte qui nous permet de mieux appréhender le débat sur "l'identité national"

 

  

N'hésitez pas à nous faire part de vos réactions en nous faisant des commentaires.

Jean- Loup Dujardin
Animateur de la Fédération 92 de LGM
Membre du Conseil Politique de La Gauche Moderne 



À propos de l’identité national

Lorsqu’il y a 25 ans, surgissait électoralement, à l’occasion des européennes, le , qui s’était illustré localement l’année précédente à Dreux, comment ne pas percevoir que c’était la question de l’identité nationale française, qui, parce qu’elle avait été trop longtemps oubliée, surgissait sous une forme exacerbée par les difficultés économiques du moment, et allait nourrir un discours populiste d’extrême droite.

La gauche, comme la droite, ont choisi à ce moment là de condamner le Front National, mais sans répondre à cette question qui avait fait renaitre l’extrême droite française de ses cendres. Le vocabulaire de la nation, comme son drapeau ont vite étés abandonnés à Jean-Marie le Pen, sans débat, sans combat, par beaucoup de responsables politiques qui craignaient, plus que tout d’être dénoncés comme « ringards » ou « France-moisie » par les médias dominants de l’époque. Ils ont choisi le seul terrain de l’antiracisme pour contrer la progression de l’extrême droite, avec l’insuccès que l’on sait.

Aujourd’hui, 25 ans plus tard, c’est parce qu’il a osé poser cette question, dans la campagne présidentielle, sans détour, que Nicolas Sarkozy a fait reculer massivement le vote en faveur du Front National.

C’est dans cette situation nouvelle que, conformément à l’intitulé de ses fonctions, Éric Besson lance ce grand débat national.

Ceux qui osent accuser la majorité de faire une diversion politicienne avant les élections régionales devraient avoir honte d’eux-mêmes. Quel meilleur moment pour avoir un débat si important, et qui a miné la vie politique de notre pays pendant 25 ans, faute d’avoir eu lieu, qu’avant les élections ? Si on veut faire un vrai débat, et pas un simulacre, alors il faut le faire, tout naturellement, à ce moment là, qui est celui où les Français s’intéressent le plus à la politique. Et quelles leçons devrait-on recevoir de ceux qui n’ont jamais voulu ou jamais su lancer ce débat, pendant les nombreuses années où ils étaient au gouvernement du pays…

Ce débat, auquel La Gauche Moderne prendra toute sa part, doit sortir de la forme manichéenne et excessive qu’il a pris faut d’être mené.

·      D’un côté, on trouve une vision restrictive de l’identité française, passéiste. Une vision qui sert d’abord à exclure, sous prétexte de préserver la Nation. Dans le slogan, « la France, aimez-là ou quittez-là », on sent bien que c’est la seconde proposition qui a la faveur de l’auteur. Il s’agit là d’une vision ancienne de la France, fondée au temps du colonialisme, lorsque les nations européennes avaient le sentiment d’apporter La civilisation à des barbares de par le monde. Elle sous-tend une vision de l’assimilation des nouveaux arrivants – qui pour la plupart viennent de territoires qui furent nos anciennes colonies – qui ne correspond plus à l’état de la planète. C’est l’assimilation par contrition, devant la grandeur de la France, et la reconnaissance de l’œuvre civilisatrice universelle de la colonisation, qui es là proposée. Chercher à imposer cela aux enfants et aux petits enfants des combattants de l’indépendance algérienne, par exemple, c’est être certain de créer sur notre sol rancœur et désamour à l’égard de la Nation, chez des femmes et des hommes, souvent jeunes, qui n’ont pas eu et n’auront pas d’autre patrie que celle qui est inscrite sur leur carte d’identité : la France. C’est s’assurer qu’immigration rimera durablement avec délinquance, spécialement dans la jeunesse.

·      De l’autre côté, de beaux esprits, souvent intellectuels protégés du monde et de ses dures réalités, se sont plus à prendre le strict contrepied de cette position. La France coupable de tant de siècles de colonisation « doit payer ses dettes de sang ». Comment ? Les arrières petits enfants des colonisateurs – que nous sommes collectivement – doivent accepter tout ce qui plaira au dernier arrivant venu. On devra accueillir tous ceux qui le souhaitent sans aucun contrôle, et les faire bénéficier de nos régimes sociaux très favorables. Tous les droits pour les « enfants des victimes de la colonisation », aucun devoir, en retour leurs aïeux ayant déjà donné… Voilà pour la version d’extrême gauche. Une version plus modérée, mais dans le même esprit, est répandue chez nombre de responsables socialistes. Il ne s’agirait plus pour la France, d’assimiler, comme elle l’a fait pendant des siècles, des populations venues d’ailleurs pour faire, avec elles – à égalité de droit et de devoirs entre les anciens et les nouveaux arrivants – une culture française collective et contribuer à un Génie national propre. Au contraire, la France devrait devenir une nation multiculturelle, dans laquelle les arrivants et leurs descendants pourraient vivre dans leur propre culture – à côté de la culture française d’origine – une vie rythmée par les programmes des chaines satellites du pays d’origine de leurs anciens. À la société française d’aplanir d’éventuelles difficultés, liées au plein exercice de leurs coutumes ou cultes parfois exigeants. Cette société désarticulée, qui est bien souvent celle qui prévaut dans les banlieues de nombre de grandes villes, il n’est pas besoin de grands efforts pour la généraliser au pays tout entier, mais quel avenir aurait-elle. Le chaudron ainsi créé, éclaterait vite…

Dans les deux cas, ce qui frappe, c’est le renoncement à la France.

·      On ne fera pas la France de demain en imposant à ceux qui la rejoignent de renier leur culture ou leur passé. On ne leur imposera pas de relire l’histoire du seul point de vue des colonisateurs notamment. Ceux qui proclament cela ont déjà renoncé, il n’est qu’à lire le fait que, bien souvent, ils présentent la France comme envahie, voire asservie par les étrangers. Il n’y a pas d’espoir dans cette voie

·      On ne fera pas plus la France de demain en l’abaissant, comme si elle n’avait plus la force de parler à d’autres civilisations, comme si elle n’avait plus rien à dire au monde, ni même à ceux qui la rejoignent venant de tant de régions différentes.

La voie que nous proposons ne renonce pas à l’assimilation, mais au sens plein du terme. C’est d’une double assimilation qu’il s’agit, et c’est cela qui a « fait France » pendant tant de siècles. Jusqu’au milieu du XX° siècle, la France a su assimiler l’apport culturel et civilisationnel que portaient avec eux les nouveaux arrivants, et leur faire bénéficier en retour de ce génie spécifique qui ne s’est jamais dissout dans un pays ou la nationalité n’a jamais été liées à la couleur de la peau, ni la religion, ni l’origine, mais à la volonté de vivre ensemble.

Il faut retrouver cette dynamique que les difficultés de la décolonisation ont un temps interrompue. générations issues de l’immigration quel avenir prometteur la France peut leur proposer si ils jouent le jeu de la construire pleinement, sans renoncer en rien à leur histoire, à leur origine, ou leur religion, ce que la France n’a jamais demandé à personne. Il faut retrouver la force de montrer aux anciens combien cette jeunesse va contribuer, elle aussi, à faire de la France un pays moderne capable de garder son haut niveau de solidarité et de protection sociale.

Ce sont, notamment, les initiatives et les mesures pratiques qui permettront d’aller dans ce sens que La Gauche Moderne défendra au sein de la majorité présidentielle, comme elle les expliquera dans le cadre du débat d’ensemble qui s’engage.

Gilles Casanova

Par jean-loup Dujardin - Communauté : la gauche moderne
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Les élus du 92

Adhésion

Vous souhaitez nous rejoindre
Cliquez ici

Rechercher

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés